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Sécheresse:Les besoins en carburant de la Jirama triplés

La solution pour pallier aux impacts de la sécheresse sur les centrales hydroélectriques a un coût pour la Jirama pour l’achat de carburant. Un montant de 110 milliards ariary rien que pour ce mois de janvier si jamais la pluviométrie reste à zéro.

_La situation empire de jour en jour pour les moyens de production de la Jirama. Toutes les centrales hydroélectriques sont presque en arrêt ou fonctionnent au minimum de leur capacité à cause de la sécheresse. à peine 46% des besoins du Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) sont aujourd’hui fournis par les centrales hydroélectriques. Normalement, durant les mois de janvier normaux, comme c’était le cas en 2016, elles devraient déjà être à 100% de leur capacité et assurent plus de 80% des besoins du RIA. Du coup, ce sont les centrales thermiques qui se trouvent être obligées de compenser le gap et assurent presque 54% de la puissance qui alimente la capitale et ses environs en ce moment, contre 19% durant les périodes normales.
Évidemment, le recours massif aux centrales thermiques implique de façon proportionnelle une hausse de besoins en gasoil et en fuel lourd. Rien que pour ce mois de janvier, ils ont quasiment triplé, passant de 4382 m3 à 12031 m3, soit une augmentation de l’ordre de 7649 m3. Le caractère imprévu de cette situation constitue un des problèmes majeurs auxquels doivent faire face l’État et la Jirama à l’heure actuelle. Avec l’ampleur et surtout le prolongement inhabituel de la période d’étiage, toutes les prévisions en matière de gestion et de stock de gasoil et de fuel lourd sont donc faussées et deviennent insuffisantes. Ce qui oblige l’État, la Jirama et ses fournisseurs de recourir à une procédure particulière appelée «convention tripartite» afin de préserver en même temps les exigences en matière de finances publiques. Une procédure qui nécessite évidemment du temps, ce qui explique le recours inévitable au délestage lorsque la livraison de carburant accuse inévitablement du retard.
VENTE À PERTE
Sur le plan financier, cette sécheresse coûte très chère à l’état qui est obligé de mettre la main à la poche pour subventionner la Jirama. Rien que pour le mois de janvier, un montant exorbitant de 110,32 milliards ariary est nécessaire pour faire fonctionner les centrales thermiques et pour mettre fin au délestage jusqu’à la fin de ce mois. La projection n’est pas mieux pour février car il faudra une autre enveloppe de 110 milliards ariary contre 70 milliards ariary au mois de mars. Les 300 milliards ariary prévus dans le budget 2017 risquent donc d’être épuisés au bout de trois mois si jamais cette situation perdure.
À ce surcoût exorbitant s’ajoute la vente à perte enregistrée par la Jirama pour la vente de chaque Kwh d’électricité. En effet, afin d’éviter les impacts sur la population, les ajustements de tarifs de la Jirama sont gelés même si les paramètres dans le mécanisme de prix l’exigent déjà. Un gap de 400 ariary existe à l’heure actuelle entre le prix de vente et le coût de revient de chaque Kwh d’électricité vendu par la Jirama. Ce qui fait en une année un cumul de 625 milliards ariary de pertes pour la société.
Au final, la résolution définitive du problème de délestage doit aujourd’hui toucher plusieurs facteurs et passer par plusieurs étapes. D’abord, l’assainissement de la gestion de la société et puis la réduction progressive du coût de production du Kwh de façon à ce que la perte soit réduite petit à petit jusqu’à ce que la Jirama fasse à nouveau de bénéfices sans nécessiter de réajustement à la hausse de ses prix. Le passage progressif à l’utilisation de centrales utilisant du carburant à moindre coût comme le fuel lourd et la construction de nouvelles centrales hydroélectriques s’inscrivent dans cette démarche. Ces solutions à moyen et à long terme sont à l’heure actuelle en cours de réalisation. Mais en attendant, l’État est obligé de parer au plus pressé qui est d’assurer l’approvisionnement quotidien de l’électricité de la population. Ce qui est loin d’être aisé face à l’impatience des Malgaches et le manque de moyen.

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